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Durant les mois de janvier et février 2021, dans le cadre "D'entre les lignes", le Comité des Officiels a eu la chance de pouvoir s’entretenir avec 3 officiels francophones, le but étant de faire partager leurs riches expériences à l’ensemble des officiels québécois.

Durant les mois de janvier et février 2021, dans le cadre « D’entre les lignes », le Comité des Officiels a eu la chance de pouvoir s’entretenir avec 3 officiels francophones, le but étant de faire partager leurs riches expériences à l’ensemble des officiels québécois.

Voici les officiels :
1) Jean-Philippe Bergès est un arbitre de parties francophone de niveau Continental Océanie demeurant à Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
2) Éric Lissillour est un arbitre en chef venant de Bretagne.
3) Fabio Betto est un arbitre de parties de nationalité Italienne.

Bonne écoute!

Bio de Jean Philippe Bergès

Jean-Philippe Bergès est un arbitre de parties francophone de niveau Continental Océanie demeurant à Nouméa en Nouvelle-Calédonie.

Il a officié durant plus de 1000 parties et il nous fait le plaisir de nous partager sa passion et ses connaissances.

As-tu été ou es-tu encore un joueur de badminton ? Depuis combien d’années ?

Joueur de 2004 à 2019 (15 ans).

Quand as-tu décidé de te lancer dans l’arbitrage ? Quelle a été ta première motivation ?

Formation en 2007, mais peu de pratique au départ. C’était principalement pour avoir des arbitres locaux diplômés pour officier lors des (petits) tournois internationaux organisés tous les 2 ans en Nouvelle-Calédonie. Formé Juge-arbitre en même temps.

Depuis combien d’années es-tu officiel ?

Arbitre et juge-arbitre depuis 13 ans, arbitre à l’international depuis 2010.

Quel est ton grade actuel ? Le cas échéant, souhaites-tu encore progresser ?

Grade actuel : Oceania Certificated/certifié. Vu mon grand âge, je ne peux plus espérer progresser au niveau BWF.

La fonction d’arbitre en chef pourrait-elle t’intéresser ? Pourquoi ?

J’ai été formé en 2007 arbitre, juge-arbitre et organisateur de compétitions. Donc j’ai officié sur tous ces postes en Nouvelle-Calédonie depuis lors.

Depuis 2010, pas trop juge-arbitre, surtout arbitre, et chaque année directeur de tournoi local (mon club).

Étant le plus haut gradé en Nouvelle-Calédonie (et seul arbitre à officier à l’international jusqu’en 2017), je suis actuellement le référent en arbitrage en Nouvelle-Calédonie, formateur référent également (vis-à-vis de la FFBaD et de l’OB-Oceania Badminton).

Depuis toutes ces années, selon toi, quelles ont été les principales évolutions de l’arbitrage ?

Je n’ai pas vraiment connu le passage aux 3×21, qui était une évolution majeure.

Pour moi, ce sont les évolutions du sport vers encore plus de respect des règles (continuité du jeu notamment) et par rapport au jugement des service (règle des 1.15m).

Dans quelles compétitions as-tu déjà eu la chance d’arbitrer ? JO, etc…

Sudirman Cup 2013 et 2015, tous les Australia SuperSeries + Inde + Korée, de nombreux Grand Prix (Suisse, Canada, Macao, Thaïlande, Nouvelle-Zélande, Australie…), de nombreux Championnats d’Océanie, Jeux du Pacifique 2011 et 2019

Quel est ton meilleur souvenir d’arbitrage ? Également le plus mauvais ?

L’ambiance conviviale insufflée par les arbitres locaux lors du Korea Open SuperSeries 2016, nous invitant dans des restaurants différents tous les soirs de la semaine !

Ma 2ème Sudirman cup, en Chine, symbolise mon échec au plus haut niveau : j’y rate mon examen BWF accredited.

Quel a été ton plus gros test d’arbitrage, une compétition avec du bruit, de la présence des médias et télévisions dans un pays ou le badminton est roi ? L’Open d’Indonésie, peut-être ?

Les Opens en Asie, avec beaucoup de public et du bruit (tamtams, chants, etc.)

Quelle est la plus belle partie que tu as eu la chance d’arbitrer ?

Un des matchs d’ouverture de la Sudirman Cup 2013 entre l’Inde et la Chine. Le plus gros stress aussi !

Quelle partie rêverais-tu d’arbitrer et pourquoi ?

Une finale entre l’Indonésie et la Chine en Indonésie, pour l’ambiance extraordinaire qu’on m’a rapportée.

Aurais-tu une anecdote, cocasse ou pas, que tu as vécu comme arbitre ?

Stylo tombé de la chaise ou fautes de services annoncées à Lin Dan…

Selon toi, quel est le joueur ou la nation la plus respectueuse des officiels ?

Les joueurs et joueuses Thaïlandais (asiatiques d’une manière générale).

Qu’est ce qui est le plus facile à gérer en tant qu’arbitre de partie ? Et le plus difficile ? Gestion des joueurs ou autre ?

L’appréciation du temps qui passe pour assurer la continuité du jeu.

Comment sont tes relations avec les arbitres en chefs et autres officiels ? De bonnes relations de confiance doivent être primordiales, j’imagine ? Ou une source de stress additionnelle ?

Bonnes relations entre les arbitres de chaise, grande famille.

Quelquefois des relations entre les arbitres et le juge-arbitre principal assez distantes. Il faut toutefois écouter et appliquer les directives si on veut arbitrer plus loin dans le tournoi.

Qu’est ce que tu conseillerais à quelqu’un qui veut se lancer dans l’arbitrage ?

Ténacité, rigueur, envie d’apprendre.

Que penses-tu du nouveau règlement sur le service à 1m15 ?

Plus impartial que la règle précédente, plus facile à juger avec un peu d’entraînement. Et aussi plus respectée par les joueurs.

Comment arrives-tu à concilier l’arbitrage au badminton avec ta vie de famille ?

Beaucoup de congés pris pour l’arbitrage. Difficile à concilier durant les premières années. Il faut voyager de temps en temps avec son épouse pour arriver à faire passer les nombreuses absences.

Y a t’il une communauté active de badminton à Nouméa ? Des tournois y sont-ils organisés ?

Oui, 500 licenciés environ pour une population de 260000 habitants. 2 tournois par mois en temps normal, de fin février à début décembre.

Ton éloignement géographique constitue t’il un obstacle pour ta carrière ?

Oui, car les temps de vols, le coût des billets d’avion a constitué un gros challenge. En effet, j’ai dû financer 90% de mes déplacements depuis 10 ans.

La BWF a mis en place un statut d’arbitre semi-professionnel, est-ce que c’est quelque chose qui pourrait t’intéressé ?

Non. Probablement réservé aux arbitres de niveau BWF.

Penses-tu que ce nouveau programme pourrait attirer de nouveaux officiels ? Et également améliorer la qualité de l’arbitrage en général ?

Cela pourrait attirer de nouveau arbitres, mais pas forcément améliorer la qualité d’arbitrage si le dispositif n’est pas bien encadré.

Dans l’application de certains règlements, penses-tu qu’il serait utile d’apporter des améliorations, des nuances, adoucissements et/ou durcissement ?

RAS. Les règles d’aujourd’hui ont un sens, elle n’ont donc pas forcément besoin d’être modifiées.

Comment évalues-tu le niveau d’arbitrage des officiels dans le passé et au moment présent ?

À 2 vitesses.

Les anciens arbitres (BWF surtout) se laissent souvent vivre, alors que depuis 2013, on a relevé fortement le niveau d’exigence pour les nouveaux arbitres BWF.

Les écarts de niveau de rendu se creusent donc et cela crée une frustration.

Ceci dit, le niveau global s’est sérieusement élevé depuis une dizaine d’année, grâce à l’implication des mentors, du coaching BWF mis en place quelquefois en format workshop notamment.

Bio de Fabio Betto

Fabio Betto est un arbitre de parties de nationalité Italienne mais parlant parfaitement le français.

Il est également officiel de rugby et maintenant semi-professionnel pour le compte de la BWF.
Sa passion pour le sport en général et pour le badminton en particulier est très communicative.

Bio de Éric Lissillour

Éric Lissillour est un arbitre en chef (comprendre également juge-arbitre) venant de Bretagne, il impliqué dans le badminton depuis plus de 30 ans.

Il est maintenant semi-professionnel et il nous partage ses expériences acquises comme arbitre en chef certifié BWF.

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